Join a Wildlife Photographer on the Hunt for the Perfect Shot | Short Film Showcase
Un bison, c'est tellement puissant comme animal. C'est un animal très gros, très très massif. Finalement, on se sent tout petit face à la puissance que la nature peut avoir. Quand on l'a à quelques mètres devant nous, on l'entend souffler. Quand il nous regarde, c'est une intensité incroyable, ça procure des frissons.
Avec un ami, vers l'âge de 10-11 ans, on a construit une cabane dans un arbre tout simplement. Et on a observé, juste en face de cette cabane, des lapins. On les a observés avec des jumelles. Moi, j'ai emprunté celle de mon père. La passion de la nature, je pense, est vraiment venue comme ça. Mes premières photos étaient des photos très documentaires. Donc, j'ai essayé de mettre plus d'espace entre moi et l'animal pour avoir plus de respiration dans les images, pour avoir quelque chose de plus construit.
J'ai essayé de mettre plus d'importance à l'environnement, au jeu de lumière qu'à l'animal même. Je préfère faire une photo d'une petite mésange, tout bêtement, dans un super bel environnement, que de faire un oiseau très très rare dans finalement une lumière ou un environnement qui ne serait pas très très beau.
Il y a des moments où, quand on fait des photos, où l'atmosphère, où la lumière est belle, ou où le moment, en fait, est tellement calme qu'on a juste besoin de se poser, d'être en accord avec l'environnement. C'est des moments de sérénité où, en fait, on attend juste sans forcément voir le temps passer. On est complètement déconnecté, où on fait attention à plus rien d'autre qu'à la nature et à ce qui nous entoure. Et ça, c'est cool.
En Europe, depuis presque 200 ans, il y a plus de bison sauvage. Actuellement, en compagnie, il y a la WWF qui est en train de réintroduire donc des bisons à l'état sauvage. Depuis ce projet, je suis vraiment impatient d'aller les voir, parce que maintenant, dans notre société, c'est tellement compliqué de pouvoir protéger la nature. On a l'impression que les gens, finalement, pour eux, la nature c'est complètement à part de leur vie, alors que ça forme un tout. Je trouve ça vraiment important, ce genre de projet d'initiative pour notre futur, pour nous, tout simplement.
Les Carpates, c'est une région de la Roumanie que je n'ai jamais vue de ma vie, et je voulais vraiment y aller pour voir, donc ces espèces de montagnes à perte de vue, remplies de vieilles forêts. C'est un peu mythe, en fait, quand on arrive à un endroit pour la première fois. On ne sait pas trop par où commencer. Les premiers jours où on va faire la route, ça nous paraît toujours très très long. On se dit qu'on marche depuis des kilomètres et des kilomètres. On peut se dire, peut-être qu'au prochain virage, on verra le bison, il sera juste là. Peut-être que non et qu'il sera seulement à 5 km, où on a encore à marcher beaucoup.
C'est un peu un jeu entre le chat et la souris, où on essaie un peu de le trouver, lui essaie peut-être d'un peu nous éviter. Je pense que la patience, c'est une des principales choses à avoir. Sans patience, ce n'est pas possible de voir des animaux. Si au bout d'une demi-heure, une heure, on en a marre et qu'on veut sortir de la affût, c'est juste pas possible.
Il faut généralement plusieurs heures pour en fait se faire oublier de la nature. Ça prend énormément de temps. Parfois, peut-être une semaine, pour finalement un jour, on va pouvoir faire des photos parce qu'on sera exactement où est-ce que l'animal va sortir. Quand je suis en voyage et que ça fait une semaine ou une semaine et demie que je n'ai fait aucune photo, je me demande, mais pourquoi, pourquoi je suis là ? Est-ce que je ne serais pas mieux chez moi, entouré de ma famille, à aller voir mes amis que d'être frigorifié dans mon affût ?
Quand les difficultés s'accumulent, ça ne doit pas être un frein, ça doit être une motivation supplémentaire. Parce que justement, peut-être que le jour juste d'après, tout va changer. Vu que la nature est tellement imprévisible, on peut passer de semaines, 3 semaines sans rien voir. Et puis, boum, le jour arrive où on va faire 2000 photos.
Quand on attend et que l'animal arrive, quand on voit l'animal dans notre viseur de notre appareil photo, ça provoque tellement d'émotion. C'est tellement intense comme moment. C'est un moment qui va durer peut-être 30 secondes, une minute, parfois 5 minutes, grand maximum sur presque une journée d'attente. Mais une fois que ce clic est fait, toutes les difficultés s'évaporent. On a finalement ce micro instant de vie qu'on souhaitait.
Et j'étais finalement privilégié, parce que j'étais tout seul à voir cette scène-là. Et le clic final, c'est ce qui clôture tout ça. Et ça, c'est génial.